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Obama, Calling for World Unity During the Storm

Will Russians and Americans turn the page and revolutionize the future, like Bush senior and Mikhail Gorbachev once did?

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Au G20, Obama n'oublie pas ses priorités diplomatiques

Laure Mandeville, envoyée spéciale à Londres

01/04/2009 | Mise à jour : 21:52 | Commentaires 7 | Ajouter à ma sélection

Dmitri Medvedev et Barack Obama ont annoncé mercredi à Londres le lancement de négociations ambitieuses sur une réduction de leurs arsenaux nucléaires. Crédits photo : AP

Imperturbable face aux pressions franco-allemandes, le président américain prend rendez-vous avec la Russie et la Chine, où il se rendra dès cette année.

Vu de Londres et des coulisses de la politique américaine, le contraste est flagrant entre les remous provoqués en France par les déclarations du président français et les préoccupations globales de l'Amérique, plongée dans la construction d'un Meccano diplomatique complexe pour résoudre les grandes crises du monde, de l'Afghanistan à l'Iran, en passant par la crise nord-coréenne. «Il y a tant à faire sur d'autres fronts», a lâché mercredi un membre de l'équipe Obama qu'un journaliste britannique interrogeait sur l'importance que les États-Unis accordent à la polémique franco-allemande.

Un cocktail a eu lieu en début de soirée à Buckingham Palace avec l'ensemble des dirigeants du G20, permettant d'amorcer la discussion sur la crise mondiale et les solutions qui s'imposent. Dans l'après-midi, le Français Nicolas Sarkozy et la chancelière Angela Merkel avaient tenu une conférence de presse commune, après avoir exprimé ces derniers jours avec force leur mécontentement sur la préparation du sommet et leur volonté de faire de la régulation des marchés financiers la priorité des priorités.

Mais Barack Obama, imperturbable sous les pressions, a jugé hier que les différences entre Européens et Américains avaient été « très exagérées », insistant pour sa part sur l'«énorme consensus » prévalant sur la double nécessité d'une relance et d'une régulation. «Nous avons la responsabilité de coordonner nos actions et de nous concentrer sur les points communs», a-t-il dit, appelant à l'unité du monde dans la tempête.

Rénovation en vue entre Washington et Moscou

C'est plutôt le premier entretien entre le président américain et son homologue russe, deux quadragénaires soucieux de saisir au bond l'occasion de s'affirmer sur la scène du monde, qui a constitué le point fort de leurs agendas respectifs, au cours d'une première journée londonienne marathon.

Barack Obama a rencontré successivement en tête-à-tête le premier ministre Gordon Brown, le chef de l'opposition britannique, David Cameron, le président Dimitri Medvedev et le président chinois, Hu Jintao, avant d'aller prendre, délicieux privilège, le thé chez la reine d'Angleterre. À l'issue de ses entretiens, le président américain a annoncé qu'il se rendrait en Russie et en Chine dès cette année.

Russes et Américains vont-ils tourner la page et révolutionner l'avenir, comme le firent jadis Bush père et Mikhaïl Gorbatchev ? Assiste-t-on à l'amorce d'une véritable ouverture entre l'Amérique et la Russie, alors que la situation interne russe se dégrade, comme l'a encore montré hier l'agression du militant des droits de l'homme Lev Ponomariov ?

Estimant que «l'ère où leurs pays étaient ennemis était loin derrière», Barack Obama et Dmitri Medvedev ont en tout cas entamé mercredi la rénovation de la relation russo-américaine, en annonçant le lancement de négociations ambitieuses sur une réduction de leurs arsenaux nucléaires.

Sur ce dossier, l'Administration américaine estime avoir réalisé «une percée inattendue», soulignaient mercredi des conseillers présidentiels, qui tablent sur l'élaboration conjointe d'un accord de désarmement pour remplacer le traité Start d'ici à la fin de l'année. Ils se sont réjouis «d'un échange de vue franc et sans détour», ayant «permis de définir de nombreux points d'accord sur la définition des menaces communes». Le président a voulu relancer cette relation, «vitale pour les intérêts américains, notamment dans le domaine clé de la non-prolifération nucléaire», a précisé l'un d'eux.

Pas d'engagement russesur l'Iran

Il a cependant reconnu que «de vrais désaccords» étaient constatés sur la question de la Géorgie et de la reconnaissance de l'indépendance de l'Ossétie du Sud et de l'Abkhazie, ainsi que sur la défense antimissile. Les deux hommes se sont accordés pour augmenter la pression sur le programme nucléaire iranien, mais Moscou n'a pris aucun engagement précis à ce sujet, a précisé la Maison-Blanche. Le président Obama a abordé la question des droits de l'homme, et notamment l'agression de l'opposant Ponomariov, permettant «un échange franc et utile sur le sujet», ont dit encore les conseillers. Le sort de Mikhaïl Khodorkovski, dont le procès vient de reprendre, n'a en revanche pas été évoqué.

«Après cette rencontre, je regarde le futur de nos relations avec optimisme », a déclaré le président Medvedev, très détendu. «Nous avons défini des zones d'intérêt commun porteuses de grandes promesses», a confirmé un Barack Obama souriant et impatient» de se rendre en Russie.







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