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Herman Cain, from Anonymity to the Race for the Republican Nomination

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Il y a trois mois, il était presque inconnu. Aujourd’hui, Herman Cain, homme d’affaires ultraconservateur, brigue l’investiture républicaine pour la présidentielle américaine de 2012 et talonne les favoris. Feu de paille ?

Businessman à l’abattage phénoménal, Herman Cain (65 ans) est la nouvelle attraction de la course à l’investiture républicaine pour la présidentielle de 2012. Chouchou du Tea Party mais novice en politique – il fit mine de vouloir être candidat à la présidentielle de 2000 et à la sénatoriale en Géorgie, avant de renoncer –, il talonne dans les derniers sondages Rick Perry et Mitt Romney, les deux favoris. À la surprise générale, il les a même devancés, le mois dernier, lors d’un straw ballot (« scrutin de paille ») organisé en Floride. Il y a gagné un nouveau surnom : Hermanator.

Cain, qui se sépare rarement d’un chapeau noir de cow-boy, est un très bon orateur à la voix électrisante. Son CV ? Directeur d’une chaîne de pizzerias, animateur sur une radio conservatrice, directeur de la banque centrale de Kansas City, chanteur de gospel… Fils d’un chauffeur et d’une femme de ménage, il a grandi dans un ghetto d’Atlanta. C’est un self-made-man à l’américaine, mais noir, ce qui n’est pas si fréquent. Lui qui, enfant, a connu la ségrégation raciale et les sections réservées aux colored people dans les bus n’est nullement en colère. « L’Amérique, dit-il, a la capacité de changer ; pourquoi être amer ? » En 2006, il s’est colleté avec un cancer du côlon et du foie qu’il a fini par vaincre. Selon un témoin, il faisait des blagues lors de sa chimiothérapie. Herman Cain, meilleur antidépresseur pour une Amérique en crise ?

25 000 dollars le discours

Cela reste à démontrer, comme le sérieux de ses ambitions politiques. Car il reste avant tout un businessman, qui facture 25 000 dollars ses discours et consacre ce mois d’octobre à la promotion de son livre, Ma longue marche vers la Maison Blanche, en négligeant de se rendre dans l’Iowa et le New Hampshire, premières étapes stratégiques de la campagne des primaires, début 2012.

« Je fais campagne comme si je démarrais une start-up, fanfaronne-t-il. Et n’en doutez pas, il y a bien un nouveau shérif en ville. » Un shérif très, très conservateur, qui plaide pour une imposition unique à 9 % de tous les revenus et jure de combattre… l’instauration de la charia aux États-Unis. À l’occasion, il rivalise avec Sarah Palin dans la balourdise, comme lorsqu’il s’est engagé à n’embaucher aucun musulman à la Maison Blanche, avant de se raviser : heu, non, en fait, il voulait parler de djihadiste !

Avec sa stratégie peu lisible, son trésor de guerre famélique (2,5 millions de dollars, contre 19 millions pour Romney) et sa crédibilité incertaine, Herman Cain pourrait bien n’être qu’un épisode vite oublié du feuilleton de la campagne républicaine. Mais sait-on jamais ?







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