Au Proche-Orient, Bush multiplie les
pressions avant la fin de
son mandat
De notre correspondante à Jérusalem DELPHINE
MATTHIEUSSENT
QUOTIDIEN
: samedi
12 janvier 2008
George W. Bush a créé la surprise. A l’occasion de sa
première visite en Israël
et dans les territoires palestiniens, le président américain a fait preuve d’une fermeté inattendue.
Alors qu’il est souvent
accusé d’avoir négligé le dossier et que ses collaborateurs avaient prévenu de ne pas attendre d’avancée spectaculaire sur la voie de la paix, Bush n’a pas hésité à exercer
des pressions très fermes sur les dirigeants israéliens et palestiniens.
«Frustrations».
Sur Israël tout d’abord, dont les Etats-Unis sont souvent soupçonnés de servir aveuglément la cause. Bush
a demandé, dans les termes peut-être les plus vigoureux de sa
présidence, la «fin de l’occupation»
israélienne. La création
d’un Etat palestinien «n’a que trop tardé»,
a-t-il lancé. Montrant qu’il avait conscience de la dureté de
la vie quotidienne des Palestiniens,
il a reconnu les problèmes posés par le mur de séparation et les postes de contrôle israéliens, et a dit comprendre les «frustrations» ressenties
par les Palestiniens. Bush a également
critiqué, de façon indirecte, le maillage militaire israélien de la Cisjordanie, en invitant les Israéliens «à faciliter, non entraver, la modernisation des forces palestiniennes
de sécurité».
Pressions sur
les Palestiniens. Bush a mis le président Mahmoud Abbas au défi de faire cesser les attaques sur Israël depuis
la bande de
Mécanisme.Même si ces
rappels à l’ordre sont les bienvenus pour relancer les négociations israélo-palestiniennes, qui piétinaient
depuis la conférence d’Annapolis de novembre, Bush n’a apporté aucune
solution nouvelle sur les questions clés du conflit
: tracé des frontières d’un
futur Etat palestinien, statut de Jérusalem, sort des réfugiés palestiniens de 1948 et de leurs
descendants. Sa proposition, nouvelle, d’un mécanisme international d’indemnisation
pour les réfugiés palestiniens
est assortie d’un retour des réfugiés… dans un futur Etat
palestinien et non en Israël.
Ce que les Palestiniens contestent. Sur la
question la plus sensible,