The United States Has Lost Its Influence on the World Stage

<--

Les Etats-Unis ont perdu de leur influence sur la scène internationale

LUCIE ROBEQUAIN Le 10/01 à 06:00

Obama n’a pas réussi à tourner la page des guerres en Irak et en Afghanistan. Poutine exploite l’échec des Américains en Syrie.

Difficile de trouver quelqu’un qui défende l’héritage de Barack Obama en matière de politique étrangère, y compris parmi ses alliés et ses admirateurs. La normalisation des relations avec Cuba et l’Iran constitue certes un beau succès. Mais qui n’efface pas l’essentiel : jugé mou et versatile, le président américain est accusé d’avoir réduit l’influence de l’Amérique sur la scène mondiale – un credo qui a beaucoup contribué à la victoire de Donald Trump.

Sa décision de ne pas intervenir en Syrie à l’été 2013 a été très mal vécue par ses alliés, au premier rang desquels la France, qui était prête à faire décoller ses avions. Pis, son non-interventionnisme est soupçonné d’avoir contribué à l’enlisement du conflit. La reprise d’Alep par le gouvernement de Bachar Al Assad marque un échec patent de ce point de vue-là. « Je ne suis pas favorable à ce que nous fassions la police dans le monde entier, mais notre absence de leadership crée un vide où les problèmes s’engouffrent », dénonçait récemment le sénateur Bob Corker, plus haut représentant du Parti républicain à la commission sénatoriale des Affaires étrangères.

Une humiliation

Les atermoiements de Barack Obama face aux démonstrations de force chinoises (mer de Chine) et russes (Ukraine, Syrie, etc.) ont déçu tout autant. Mis au ban de la communauté internationale pour avoir annexé la Crimée, Vladimir Poutine a ainsi pleinement repris sa place dans la diplomatie mondiale. En septembre dernier, il a proposé la mise en place d’une « large coalition » contre l’Etat islamique, directement concurrente de celle formée par les Etats-Unis. Après avoir piétiné les principes de l’ONU et annexé l’Ukraine, voilà donc le président russe qui feint de jouer les rassembleurs – et l’accession de Donald Trump à la Maison-Blanche risque de renforcer encore cette posture.

C’est une humiliation pour Barack Obama, qui a tenté d’endosser ce rôle depuis un an, en orchestrant une grande coalition internationale qui inclut la France et le Royaume-Uni, notamment. Mais les résultats se font toujours attendre : les frappes aériennes menées en Irak et en Syrie ont freiné l’expansion des djihadistes, sans la stopper pour autant. Ceux-ci ont étendu leur influence à de nouveaux pays, parmi lesquels la Libye, l’Afghanistan et l’Egypte. Les Etats-Unis n’ont pas réussi, non plus, à former les 5.400 rebelles syriens censés combattre l’Etat islamique sur le terrain. Le combat contre l’Etat islamique est désormais mené de front par les Russes et les Turcs en Syrie – une alliance inédite qui marginalise les Etats-Unis.

Barack Obama a un autre regret, celui de ne pas avoir totalement tourné la page des guerres en Irak et en Afghanistan – une promesse qui lui avait pourtant valu le prix Nobel de la paix en 2009. Plus de 8.000 soldats sont encore positionnés en Afghanistan pour contrer la menace des talibans. Quelque 4.600 restent déployés en Irak.

About this publication