Hillary Clinton Embraces Beijing

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Devant ses hôtes chinois, Hillary Clinton s’est appliquée samedi à jouer une partition sans fausse note. A Pékin, la secrétaire d’Etat américaine a prôné une relation positive et de coopération avec l’Empire du milieu, reléguant la question des droits de l’Homme et du Tibet au second rang. Crise oblige, les Etats-Unis ont plus que jamais besoin des réserves de change chinoises et la Chine du marché américain.

Hillary Clinton est une bonne diplomate. Dernière étape d’une tournée asiatique qui l’a menée à Tokyo, Djakarta et Séoul, la secrétaire d’Etat américaine a pris soin de ne pas aborder frontalement les sujets qui fâchent à Pékin. Officiellement, il n’y a aucune ambiguïté. Les sujet des désaccords dont les droits de l’Homme, le Tibet, la liberté religieuse et la liberté d’expression” feront l’objet de “discussions franches”, a-t-elle déclaré lors de la conférence de presse tenue conjointement avec son homologue chinois, Yang Jiechi. Mais la diplomatie est avant tout affaire de pragmatisme. Et les “événements mondiaux ( entendez la crise mondiale, ndlr) nous imposent un ordre du jour rempli et impressionnant”, a précisé Hillary Clinton, qui a rencontré le président Hu Jintao et le Premier ministre Wen Jiabao.

Dans un contexte, la coopération économique entre les deux géants est présentée comme impérative pour ne pas plonger davantage. “Nous avons toutes les raisons de penser que les Etats-Unis et la Chine sortiront de la crise et qu’ensemble, nous aideront le monde à en faire autant”, a ainsi déclaré la chef de la diplomatie américaine. Il est vrai que les liens entre les deux économies sont étroits. Les Etats-Unis sont l’un des principaux débouchés pour les exportations chinoises tandis que Pékin, avec des réserves de changes d’environ 2000 milliards de dollars, est le premier bailleur de fonds du Trésor américain. “J’apprécie fortement la confiance maintenue du gouvernement chinois dans les bons du Trésor américains”, s’est d’ailleurs félicitée Hillary Clinton.

Réchauffement climatique et diplomatique

Outre la Corée du Nord, le réchauffement climatique figurait parmi les dossiers majeurs abordés par la secrétaire d’Etat. Les deux géants occupent en effet les deux premières places des pays émetteurs de gaz à effet de serre. De l’avis de nombreux spécialistes, un accord bilatéral de limitation de leurs émissions – pas au programme actuellement-, ouvrirait la voie à un règlement global de la question. Hillary Clinton a bien visité une centrale thermique et électrique à faible émission de gaz à effet de serre, équipée de générateurs fournis par le conglomérat américain General Electric, à l’issue de laquelle elle a déclaré: “Les Etats-Unis, et l’Administration Obama sans aucun doute, veulent que la Chine se développe. (…) Ce que nous espérons c’est que vous ne ferez pas les mêmes erreurs que nous…”, a-t-elle ajouté. Et que vous achèterez américain, aurait-elle pu ajouter.

Soucieuse de ne pas froisser ses hôtes lors de cette prise de contact, la secrétaire d’Etat américaine a pu entendre de la bouche-même du chef de la diplomatie chinoise que son pays n’était pas disposé à évoquer la question des droits de l’Homme. En vertu du principe de “non-ingérence” réciproque dans les affaires intérieures. Alors que de nombreuses ONG avaient pourtant fait état d’une aggravation des pressions policières sur les dissidents à l’occasion de la visite officielle américaine, Human Rights Watch a fustigé l’attitude d’Hillary Clinton, qu’elle accuse de ne pas avoie envoyé le bon signal à Pékin. Sybillin, Yang Jiechi a confié à son homologue de Washington: “Bien qu’il fasse un peu froid en ce moment à Pékin… je ne doute pas que vous y verrez le plus grand nombre de visages souriants en Chine”. Celui d’Hillary Clinton, ce samedi, était de ceux-là.

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