Between Tiger Woods and Ben Bernanke, Woods Should be Person of the Year 2009

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Qu’ont Ben Bernanke et Tiger Woods en commun ? Le Président de la Reserve Federale et le champion de golf ont été couronnés « personne de l’année 2009 », respectivement par Time Magazine et par le New York Times.

Time Magazine a choisi Ben Bernanke comme personne de l’année 2009. Ce choix parait surprenant, même s’il est quelque peu influencé par un souhait des Démocrates Américains de donner un second mandat au Président de la Reserve Fédérale.

Il ne fait aucun doute que l’homme a eu du courage et de la détermination en 2007-2008 en intervenant sur les marchés au-delà des attributions classiques d’une Banque Centrale. Ce faisant, il agissait de concert avec Jean-Claude Trichet à la Banque Centrale Européenne qui eut à essuyer les plâtres d’IndustriKreditbank en Allemagne et de la panique provoquée par l’interruption du remboursement de fonds de la BNP Paribas la même semaine.

Quels que soient les mérites de nos grands banquiers centraux, il ne faut pas oublier qu’ils n’ont pas vu l’iceberg vers lequel le monde financier avançait de manière dangereuse. C’est particulièrement le cas de Ben Bernanke : ce faisant il était à la fois victime d’une forme de myopie idéologique et d’une absence de visibilité ou de vision.

Sa myopie idéologique ne faisait que suivre celle d’Alan Greenspan en matière de réglementation bancaire. Le refus d’admettre, de voir ou de prévoir un risque systémique que de nombreuses voix autorisées annonçaient, était partagé par son prédécesseur. Il fallut attendre aout 2008 pour que la crise du subprime soit considérée comme ayant des conséquences systémiques. C’est la une vision partagée par le parti républicain : Ben Bernanke a été nommé par George W. Bush. Il était partisan du laissez-faire, l’idéologie de l’administration en place.

Mais ce qui est important pour l’avenir est la vision de l’homme et sa capacite de preempter les crises: le fait qu’il ait agi avec décision mais trop tard alors qu’il en avait les moyens, fait du Président de la Reserve Fédérale un des responsables de la gravite de la crise financière. A la différence d’Alan Greenspan qui avait une vraie capacité de lire les signes avant-coureurs des crises et de tenter d’y parer, Ben Bernanke est un pur économiste et a besoin des confirmations chiffrées avant d’agir, sauf s’il est en face d’une évidence. Cette attitude théorique a fait perdre confiance dans son leadership, et rassure certainement pas pour l’avenir, d’autant plus qu’il n’a jamais admis ses erreurs (a la différence de son prédécesseur) et semble plus rigide que jamais. Il vient encore de préciser qu’il n’y avait pas de risque pour l’économie américaine qui pourrait provenir de la sphère financière.

Je ne donnerais à aucun financier le titre de personne de l’année en 2009.

C’est pour cela que j’ai été intrigué par la suggestion de proclamer Tiger Woods Personne de l’Année 2009. Certes il s’est fait remarquer par des aventures extraconjugales qu’il avait bien cachées, et son épouse à piqué une colère qui a été a l’origine de l’accident de voiture qui a dévoilé le pot aux roses. Mais a la différence de certains autres (Bill Clinton par exemple…) il a immédiatement assumé ses erreurs et admis avoir lâche sa famille. Il a aussi annoncé qu’il interrompait ses championnats et qu’il réglerait le problème à l’intérieur du cénacle familiale.

Avec un grand courage, Accenture, la grande firme de consulting mondiale, qui avait fait de Tiger Woods le symbole de ses valeurs, a immédiatement lâché son champion. « Go on, be a Tiger » « Vas-y, sois un Tigre ». Du jour au lendemain, pour des errements conjugaux qui n’ont rien à voir avec toutes les qualités du champion, s’ouvrait un débat sur les fragilités de l’utilisation d’idoles dans la promotion des produits. Mais, ce faisant, Accenture a démontré l’inverse des qualités du champion qu’elle prétend émuler : la couardise. Les efforts qu’Accenture déploie pour effacer Tiger Woods sont au-delà du ridicule. Bravo Nike, qui a –au contraire- décidé de continuer a soutenir le champion.

Déjà l’association américaine du golf est inquiète. Lorsque Tiger Woods a interrompu les compétitions pour soigner son genou, les audiences télévisuelles des championnats de golf ont baisse de … 47%. Il y a des centaines de millions de dollars en jeu. Cela devrait raccourcir le purgatoire du champion.

Nous avons tous tendance à idéaliser des hommes et à oublier. Comme Tiger Woods l’a dit de lui-meme, que ce sont « des êtres humains faillibles ». Ce qui permet de faire de Tiger Woods la personne de l’année est son classement comme premier golfeur mondial avec pres de deux fois les points de son concurrent le plus proche. C’est un champion hors pair et une incarnation du rêve américain.

Cela me parait plus réel que la performance du Président de la Reserve Fédérale qui, comme le New York Times le rappelle, a cru comme tout Washington « que les prix des habitations allaient monter sans fin, et empêcher l’effondrement d’une économie surendettée a l’extrême ».

Bravo Tiger.

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