Honduras: The First Real Victory for Barack Obama

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Un an après son élection, le président des Etats-Unis déçoit ceux qui avaient placé en lui leurs espoirs : les promesses se sont envolées, laissant place à une liste d’échecs et de revirements déjà longue…Pourtant, Barack Obama peut afficher une première victoire : l’éviction du président du Honduras, Manuel Zelaya, complètement occultée par la tragédie haïtienne.

Elu président en 2005, Manuel Zelaya avait commis un faux pas de trop, en proposant un référendum sur la Constitution limitant la présidence à un mandat unique, ce qui lui avait valu d’être renversé par un coup d’Etat, le 28 juin dernier.

De plus en plus apprécié des paysans et ouvriers pauvres, la grande majorité de la population hondurienne, le président Zelaya devenait une menace pour la bourgeoisie néolibérale de son pays et pour les intérêts des Etats-Unis : depuis son élection, il avait axé sa politique sur la question sociale, augmentant de 60 % le salaire minimum et luttant contre l’analphabétisme.

Par la suite, le Honduras avait rejoint l’alliance PetroCaribe, initiative du gouvernement vénézuélien, très défavorable aux intérêts pétroliers nord-américains.

Premier chef d’Etat hondurien à se rendre à Cuba depuis 1959, il avait présenté ses excuses à Fidel Castro, car son pays avait longtemps servi de base d’action aux Etats-Unis.

Il avait adhéré à l’ALBA, organisation qui réunit plusieurs gouvernements de gauche, tels ceux de Bolivie (E. Morales), du Venezuela (H. Chavez) et, bien sûr, de Cuba (R. Castro), en rupture avec l’économie libérale promue par les Etats-Unis et opposés à l’ingérence nord-américaine.

Et M. Zelaya, alors qu’il était en train d’organiser un rapprochement avec le Nicaragua de D. Ortega, de déclarer enfin, à l’ONU, que “le capitalisme est en train de dévorer les êtres humains “. Et de conclure, le jour même du putsch : “ce qui se passe ici, c’est une conspiration pour empêcher le peuple de s’organiser et de demander des droits (…) les riches ne cèdent pas un penny ; les riches ne cèdent rien de leur argent : ils veulent tout pour eux seuls (…) mais ils doivent comprendre que la pauvreté ne finira pas tant que les pauvres ne feront pas les lois”.

Certes, Barack Obama avait immédiatement condamné le coup d’Etat. Mais, au même moment, sa secrétaire d’Etat, Hillary Clinton, avait proposé en coulisse une médiation favorable aux putschistes, à savoir la création d’un gouvernement d’union nationale, qui aurait garanti le retour de M. Zelaya à la présidence, mais à la condition qu’il n’exerçât plus réellement le pouvoir… En outre, peut avant le putsch, l’ambassadeur des Etats-Unis au Honduras avait été remplacé par Hugo Llorens, déjà en charge des affaires andines en 2002, c’est-à-dire à l’époque du coup d’État contre H. Chavez… Des signes qui ne trompent pas.

Ainsi, le temps est passé. Et le mandat du président Zelaya a pris fin, ce 27 janvier.

Renverser une démocratie et ruiner les espoirs de tout un peuple. Cela, yes, he can !

Pierre Piccinin est professeur d’histoire et de sciences politiques (Ecole européenne de Bruxelles-I) et maître de stages (Université libre de Bruxelles – ULB)

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