The Yuan: At the Heart of Dispute

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Le yuan au cœur de la dispute

Washington, qui veut combler une partie de son déficit commercial, fait pression pour une réévaluation de la monnaie chinoise, accusant Pékin de dumping monétaire.Les désaccords commerciaux et le taux de change du yuan restent l’épine dorsale de la mésentente sino-américaine.

Obama tout comme le gouvernement chinois se doivent de jouer serré pour des raisons intérieures. La semaine dernière, le président américain a promis d’être « bien plus ferme » vis-à-vis de Pékin pour faire respecter les accords commerciaux entre les deux pays, notamment sur l’ouverture du marché intérieur chinois aux produits américains.

La réévaluation du yuan est pour la Maison-Blanche, comme elle l’a réaffirmé, une priorité dans ses discussions avec la République populaire. Elle étudie, selon le New York Times, la possibilité de dénoncer Pékin comme un pays manipulant sa monnaie dans le rapport semestriel du ministère des Finances sur les devises étrangères qui sera publié en avril. Et, d’ici là, les pressions vont se multiplier sur la capitale chinoise pour répéter ce qui avait été fait en 2005. Cette année-là, le yuan cessa d’être exclusivement ancré au dollar pour l’être dorénavant à un panier de devises où le dollar américain continue cependant de dominer massivement.

Depuis juillet 2008, le cours du yuan a à peine fluctué. Cet ancrage a permis une grande stabilité dans les opérations commerciales entre la Chine et les États-Unis. Ces derniers se plaignent amèrement de cet état de fait qui équivaut, selon eux, à un dumping sur l’ensemble des marchandises produites en Chine, la monnaie chinoise s’étant de facto appréciée mais dans des proportions plus faibles du fait de cet ancrage. Si le yuan s’est apprécié de 20 % en cinq ans, certains experts américains considèrent qu’il est encore largement sous-évalué face au dollar, jusqu’à 40 % selon les plus « virulents ». De ce fait, le déséquilibre commercial se serait considérablement accru ces dernières années (sauf en décembre dernier où il a reculé de 18,14 milliards, contre un peu plus de 20 un mois plus tôt). Mais le gouffre est bien là. La balance commerciale américaine a clôturé l’année en déficit de 677 Md$, dont 40 % imputables à la Chine (266 Md$).

En retour, Pékin prête à Washington les dollars accumulés et finance la dette américaine, tout comme le Japon l’avait fait auparavant. Ses taux de réserves ont atteint 2 400 milliards de dollars sur lesquels 1 700 seraient investis aux États-Unis dont 400 l’ont été en 2008. Or les Américains laissent filer le dollar par rapport à l’euro ou au yen pour rembourser leur dette et une réduction de la valeur du dollar réduit d’autant les économies chinoises.

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