Obama Set to Reconquer America, by Bus

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Posted on August 21, 2011.

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Obama à la reconquête de l’Amérique, en bus

L’Amérique parfaite existe encore, on l’a rencontrée ce lundi grâce à Barack Obama : au cœur du Minnesota, une rivière ardente, une clairière d’herbe bien verte, des ormes majestueux et tout un bon peuple, démocrates surtout mais républicains aussi, réunis autour de tables de pique-nique. Tel était le décor du moins, de la première étape de la tournée de trois jours que Barack Obama a entamé ce lundi à travers trois Etats du Midwest.

Puisque nous voici dans l’un des bus de la Maison Blanche (pas dans le bus blindé du président tout de même, on peut à peine s’en approcher, il est « propriété du Secret Service ») pour ces trois jours, on peut vous dire, qu’une fois encore, tout cela est surtout fait pour la télévision. Il n’y a pas vraiment de pique-nique pour les habitants de Cannon Falls, la bourgade qui a eu l’honneur de cette première étape présidentielle, tout juste quelques gobelets de limonade. Certains, les dignitaires locaux, ont reçu des cartons d’invitation, indispensables pour pouvoir approcher le président. Les autres ont fait la queue six heures ou plus la veille devant la mairie pour obtenir le précieux sésame permettant d’accéder à l’enclos totalement verrouillé par les services de sécurité. « On était plus d’un millier à faire la queue dimanche, et il n’y avait que 150 places à distribuer, raconte Ben Kalow, 36 ans, arrivé à 4h30 du matin pour obtenir son ticket à 13 h 30. C’est tout de même pas tous les jours qu’on peut venir voir le président ici ! » Même parmi les heureux élus, certains avouent qu’ils sont plutôt républicains et pas vraiment fans de Barack Obama, mais pour eux aussi la curiosité l’a emportée. « Regardez, ils ont même dû couper les branches de certains arbres, c’est le Secret Service qui l’a exigé pour assurer la sécurité du président », grommelle l’un d’eux, montrant un orme, sacrifié pour l’événement. Un autre détail qui ne se verra sans doute pas à la télévision, ce n’est pas dans l’axe des caméras.

Devant ce petit public choisi, en bras de chemises et sans prompteur, Barack Obama, comme toujours ou presque, se montre très à l’aise. S’il a été atteint par les batailles de ces dernières semaines à Washington, la dégradation de la note souveraine américaine et sa cote de popularité tombée à 41% seulement d’opinions favorables au dernier Gallup, cela ne se voit pas trop. Ses principaux arguments?

1) C’est la faute des républicains au Congrès, si tout est bloqué à Washington : « Moi aussi je suis frustré ! »

2) La situation n’est pas si désespérée qu’elle en a l’air : «Il n’y a rien de cassé en Amérique qui ne puisse être réparé »

3) Il est prêt à continuer à se battre, mais il a besoin de soutiens pour cela : « Je suis là pour vous recruter au combat ! Nous nous battons pour notre pays ! Et c’est une bataille que nous allons gagner ! »

Le soir à Decorah, autre site idyllique (vieille ferme rouge, drapeau US et bottes de paille disposées en amphithéâtre), dans l’Iowa cette fois-ci, le topo est à peu près le même, en développant un peu plus ce qu’il compte faire à la rentrée : présenter au Congrès un ensemble de mesures pour soutenir l’économie et l’emploi. « Faîtes-le ! » va-t-il dire au Congrès… Le plan n’est pas encore ficelé, mais il devrait inclure la prolongation des réductions de charges sur les salaires et un nouveau programme d’infrastructures. «C’est le moment ou jamais d’investir dans les infrastructures, plaide Obama ce soir à Decorah. Les taux d’intérêts sont au plus bas et les entreprises ont besoin vital de travailler! »

Comment pourra-t-il faire passer ces mesures au Congrès avec qui il vient de s’engager à plafonner et réduire les dépenses publiques ? Les républicains réclament des baisses d’impôts, ils auront du mal à réclamer que les cotisations salariales repartent à la hausse, calcule la Maison Blanche. Et les nouveaux investissements dans les infrastructures ? « Il faudra trouver un montage financier ».

Parmi les quelques centaines seulement d’Américains qui ont pu assiste ce lundi à ces exposés, Obama fait encore facilement mouche. « Je n’avais pas voté pour lui en 2008, mais là il m’a convaincue, avoue Kathy Rosendahl, 57 ans, employée de la société (un vendeur de graines) qui recevait Obama ce soir. Je me méfiais de lui comme je me méfie de tous les hommes politiques, qui tiennent de beaux discours avant les élections. Mais là je vois qu’il fait des choses, il est vraiment soucieux des problèmes de la classe moyenne. Je suis une optimiste, j’espère qu’il réussira”. Reste à convaincre maintenant les millions d’autres Américains, qui n’auront que les images, souvent déformantes, de la télévision.

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