NSA Espionage: Did Obama Know?

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Les médias américains n’ont pas encore la réponse à ce jour. Mais quoi qu’il en soit, l’image du président en sort ternie.

C’est un curieux scoop qu’a sorti hier le “Wall Street Journal” (article payant). Barack Obama, titrait le quotidien, “n’était pas au courant” du fait que son pays espionnait les leaders mondiaux. Ce serait un audit interne de la National Security Agency (NSA) par la Maison Blanche qui aurait fait apparaître la surveillance de 35 chefs d’Etats ou de gouvernement. Apprenant la nouvelle, le Président aurait ordonné l’arrêt de certaines surveillances, dont celle du portable d’Angela Merkel. L’espionnage des gouvernants fait partie de ces décisions “qui sont prises par la NSA, le président ne donne pas son accord sur ce genre de truc”, indiquait un officiel dans l’article.

Ce mardi matin, le “Washington Post” reprend à son tour la thèse d’un président non informé. Ce n’est que cet été, après les révélations d’Edward Snowden sur l’espionnage des leaders du Brésil et du Mexique, qu’Obama aurait demandé en quoi consistait exactement la surveillance de la NSA. Il aurait tiqué en apprenant l’existence d’un programme intitulé “head of state collection” (collecte [d’informations provenant] de chefs d’Etat). Dianne Feinstein, la présidente de la Commission du renseignement au Sénat qui est l’une des plus ardentes défenseuses de la NSA, aurait elle aussi été tenue dans l’ignorance du programme VIP.

Crédible ? Le “New York Times” s’est bien gardé de reprendre la thèse de ses confrères. Et ce matin, le “Los Angeles Times” donne la parole à des responsables du renseignement, “furieux”, disent-ils, de se voir lâchés en rase campagne par le président. A en croire deux sources (le journal ne donne pas leur nom), quand un dirigeant étranger est placé sur écoutes, l’ambassadeur américain du pays en question est informé, ainsi que (à la Maison Blanche) le fonctionnaire du Conseil de sécurité national en charge du pays. “Il ne fait aucun doute que le Conseil de sécurité national, ainsi que de hauts responsables du renseignement, sont parfaitement au courant. Suggérer que ce n’est pas le cas est ridicule”, s’énerve un ancien espion.

Qu’il mente ou qu’il ignore, Obama sort perdant

Deux scénarios sont possibles, et aucun n’est glorieux pour Obama. Le premier serait qu’il mente en affirmant ne pas être au courant. On peut en effet être sceptique à l’idée d’un président élu avec la promesse de corriger les excès de Bush (Guantanamo, torture de la CIA…), qui n’aurait même pas demandé un audit méticuleux des pratiques de la NSA. D’autant plus difficile à avaler qu’en 2009 ou 2010, Dennis Blair, directeur du Renseignement national, avait eu des discussions avec des officiels français sur un accord mutuel de non-espionnage, accord que poursuivaient également les Allemands. On à peine à imaginer le président non informé d’une initiative aussi importante.

L’autre scénario n’est pas meilleur : Obama aurait réellement ignoré ces pratiques de la NSA. C’est soit le comble de l’hypocrisie – ne dites surtout pas à ma main gauche ce que fait ma main droite ! –, soit un aveu d’incompétence. Peter King, élu républicain et membre influent de la Commission du renseignement, à la Chambre des représentants, a parfaitement résumé la critique : “Si le président ne savait pas, cela soulève de très sérieuses questions sur son activité de chef de l’exécutif. Le fait qu’il aurait participé à des négociations, des discussions et des réunions avec Angela Merkel ou les leaders français – ou n’importe quel leader, en l’occurrence – sans savoir que leurs coups de téléphones privés étaient écoutés, montre qu’il y a vraiment quelque chose qui cloche dans cette administration, ou alors qu’il se lave les mains de tout. A mes yeux, c’est inacceptable.”

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