Misinformation and Provocation

 

Edited by Gillian Palmer

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Désinformation et provocations

Les dimensions que prend la crise ukrainienne, marquée par le bras de fer américano-russe, ne manque pas d’inquiéter dans un monde livré à la surenchère. Cette escalade vers le pire est en fait due à l’Occident qui fait des rêves impérialistes estimant sans doute que c’est le moment d’imposer son diktat aux nations. Dans la crise ukrainienne, les Etats-Unis et l’Union européenne cherchent sciemment le clash avec la Russie ou l’amener à commettre la faute. Aussi, mensonges, désinformation, sont instrumentalisés pour aggraver une situation déjà assez complexe. Il y a là un jeu malsain des puissances occidentales, qui jouent avec le feu quand il était attendu qu’elles sachent raison garder dans une région où tout excès peut mener à l’irrémédiable. Pourquoi cette ire de l’Occident contre la Russie? Sans doute le fait d’exister comme grande puissance à côté des USA dès lors qu’il estime suspect tout ce qui est russe ou vient de Moscou. Dès lors, l’Occident s’est attelé à la politique de la terre brûlée, accusant la Russie de tous les maux, même ceux suscités et entretenus par les Etats-Unis et l’Union européenne. Il est ainsi reproché à la Russie son «ingérence» en Ukraine. Si on examine de près les faits on se rend compte que si ingérence il y a, c’est bien du fait de l’Occident. En effet, combien de ministres, de conseillers russes, voire des combattants, ont été envoyés par Moscou dans l’est de l’Ukraine? Jusqu’à preuve du contraire aucun. Or, que constate-t-on? Les Etats-Unis ont «délégué» leur vice-président (Joe Biden), leur chef de la diplomatie (John Kerry), le chef de la CIA (John Brennan) outre des conseillers du FBI, de la CIA et du Pentagone, en sus de mercenaires de la société «Academi» (ex-Blackwater de triste mémoire qui a commis des massacres de masse en Irak en 2007, la contraignant à changer de nom). Cela est de notoriété publique, toute la presse – y compris occidentale – en parle et montre l’étendue de l’intervention occidentale en Ukraine où des ministres de France, de Grande-Bretagne, d’Allemagne, du Canada notamment ont séjourné dans le fameux «Euromaidan» fief des ultranationalistes et fascistes ukrainiens qui ont pris le pouvoir par la violence par un putsch contre le président Viktor Ianoukovitch. Cela est vérifiable, mais la presse occidentale joua un rôle prépondérant dans l’intoxication de l’opinion internationale, avec l’intention de faire porter à la Russie la détérioration de la situation dans l’est de l’Ukraine. En avril dernier, ces médias accusèrent les opposants russophones d’avoir «kidnappé» des observateurs de l’Osce (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe). Ce qui, à tout le moins, constitue une violation des conventions internationales et des lois sur la guerre. Or, l’Osce avait rassuré et affirmé qu’aucun de ses éléments n’était manquant. Ce sont huit inspecteurs militaires ukrainiens qui ont été arrêtés à Slaviansk par les insurgés de l’Est. La presse occidentale – à quelques rares exceptions – n’a pas répercuté le rectificatif de l’Osce. En fait, radios, télévisions et presse ont invité, pour analyser les événements, les mêmes personnages qui, il y a une décennie, faisaient de l’Irak la quatrième puissance mondiale et disposerait de terribles armes de destruction massives (ADM). Ce qui s’est avéré, tout à fait faux. Toutefois, désireux d’accentuer leur hégémonie sur le monde et aussi, poussés par des pays est-européens revanchards – tels la Pologne et les Etats baltes – Etats-uniens et Européens semblent avoir perdu le sens de la mesure ne prenant aucune précaution ou garde-fou pour prévenir la belligérance. Il est patent que l’Occident veut faire «quelque chose» contre la Russie ne reculant ni devant le mensonge, ni les affabulations, qu’une presse soumise se fait un devoir de démultiplier. Washington accuse ainsi la Russie de n’être pas étrangère à la chute de l’avion malaisien abattu par un missile. Les Etats-Unis, qui ceinturent la planète par leurs satellites espions, disent avoir des preuves, Si c’est le fait, qu’ils les rendent publiques. A moins que ces preuves – comme l’auraient affirmé certains agents de renseignement US – accusent au contraire l’armée ukrainienne d’avoir abattu l’avion malaisien? Les Etats-Unis ont habitué le monde à leur mensonge, dont le plus médiatisé a été celui concernant l’Irak (Colin Powell ancien chef de la diplomatie US, a admis, sur le tard, que les preuves contre l’Irak étaient des faux). C’est encore un mensonge qui fit entrer les USA dans la guerre du Vietnam (cf; l’incident du golfe du Tonkin). La liste est en fait longue des mystifications américaines (comme celle de Pearl Harbor) qui ont fait entrer les Etats-Unis dans des guerres que sans doute le peuple américain n’aurait pas avalisées. Une pratique qui fait fi de la sécurité de la planète, avec désormais la menace d’une guerre qui risque d’être nucléaire. Obama, Hollande sont-ils conscients qu’ils jouent là un jeu dangereux qui pourrait les dépasser, pour le plus grand malheur de l’humanité?

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