Civil Servant Kim Davis Prefers Prison Over Gay Marriage

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Kim Davis, la fonctionnaire qui préfère la prison au mariage homo

Malgré la décision de la Cour suprême des Etats-Unis, une greffière du Kentucky, chrétienne évangélique, refuse d’établir des certificats de mariage pour les gays et les lesbiennes. Ce qui lui vaut une condamnation à un an de prison ferme.

Plutôt la prison que le mariage de couples homosexuels ou lesbiens. Plutôt la loi de dieu que celle de Washington. La Cour suprême des Etats-Unis peut bien avoir légalisé les mariages entre personnes de même sexe, Kim Davis refuse obstinément d’établir des certificats de mariage pour les couples gays. Le juge David Bunning a donc décidé, jeudi 3 septembre, de condamner cette fonctionnaire du comté de Rowan, dans le Kentucky, une greffière doublée d’une chrétienne évangélique. Elle restera en détention tant qu’elle n’acceptera pas de se conformer à la loi. “Ce tribunal ne peut accepter que l’on désobéisse volontairement à ses décisions légales”, a martelé David Bunning. Une décision qui a focalisé l’attention des Américains sur cette zone rurale, entre midwest et sud profond.

“Pas de certificats de mariage aujourd’hui”

A 49 ans, Kim Davis a travaillé pendant plus de 25 ans comme greffière du comté de Rowan sans jamais faire parler d’elle. Seulement voilà, la récente légalisation dans tout le pays du mariage pour tous a fait basculer la fonctionnaire. Pour cette femme aux longs cheveux détachés dans le dos et aux éternelles longues jupes, délivrer un certificat de mariage à un couple homosexuel “violerait” ses convictions religieuses. Car, oui, Kim Davis dit avoir “remis (sa) vie entre les mains de Jésus Christ”.

Pour moi, il ne s’agit pas d’un problème concernant les gays ou les lesbiennes. Il s’agit du mariage et de la Parole de Dieu. Cela relève de la liberté de culte, protégée par le Premier amendement” de la Constitution américaine, a-t-elle expliqué.

David Moore et David Ermold défendent, eux, leur liberté nouvelle de se marier. Cet été, ils se sont présentés au bureau d’état civil tenu par Kim Davis. Face au refus obstiné de la greffière, le couple a enregistré une vidéo. A leur suite, d’autres couples ont renouvelé l’opération. “Nous ne délivrons pas de certificats de mariage aujourd’hui”, affirme tranquillement Kim Davis. “Au nom de quelle autorité ?”, lui demande alors quelqu’un. “Au nom de l’autorité de dieu”, répond calmement la fonctionnaire.

“Born again” depuis 2011

Il n’en est pas allé de même au nom de l’autorité de la justice américaine. Kim Davis a ainsi été condamnée trois fois. D’abord par un tribunal fédéral, puis par une cour d’appel et enfin par la Cour suprême. En quelques semaines, la chrétienne évangélique est devenue l’égérie de la droite chrétienne conservatrice, sorte de Frigide Barjot à la sauce américaine. Ses partisans viennent des quatre coins des Etats-Unis soutenir ce pilier de l’Apostolic Church, une église protestante.

De leur côté, ses opposants rappellent qu’elle n’a pas toujours été aussi respectueuse de l’autorité de dieu, notamment pour elle-même, puisqu’elle a divorcé trois fois et a eu des enfants en dehors du mariage. Oui mais voilà, Kim Davis est une “born gain” – la doctrine des églises évangéliques américaines – elle a rejoint les rangs des Evangélistes en 2011. Depuis, elle ne reconnaît plus que dieu.

Une aubaine pour les Républicains qui surfent sur le cas de cette démocrate déclarée. Du côté de la Maison Blanche, pas de polémique. On se contente de rappeler que “dans notre démocratie, chaque agent public est soumis à la loi.”

L. M.

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