Fears

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Peurs

Faut-il avoir peur du grand méchant Trump ? Clairement, depuis qu’il engrange les victoires dans la primaire de son parti, la perspective d’un triomphe du milliardaire ne fait plus rire personne. Ceux qui avaient prédit la fin de son aventure politique (ils ont été nombreux, parmi les journalistes, les libéraux et les républicains) envisagent désormais sérieusement sa victoire. Même ceux qui n’imaginent pas le voir succéder à Barack Obama n’iraient pas jusqu’à parier toutes leurs économies sur cette impossibilité. Le candidat Trump a deux visages. Le premier est prêt à toutes les injures et outrances pour s’attirer les suffrages de la base républicaine. La mise en place de la partie la plus fascisante de son programme, proche de la tradition identitaire du nativisme américain qui, déjà au XIXe siècle, cognait sur l’immigration irlandaise et catholique, inquiète les modérés et les libéraux américains, les voisins et les alliés des Etats-Unis. Mais rassure ses partisans à qui il sert en plus un discours protectionniste et étatiste. Est-il pire que ses concurrents républicains ? C’est loin d’être évident. Trump, c’est son second visage, n’est pas un idéologue, il est seul, et les républicains sérieux se verraient bien le coacher s’il parvenait à la Maison Blanche. Beaucoup voient en lui un charlatan qui joue au conservateur pour les primaires. Ted Cruz, qui n’a rien à envier à Trump sur la rhétorique anti-islam et anti-immigration, est bien plus extrémiste. Pro-life, ultraconservateur, ultralibéral, ultra-idéologue, il n’a rien du pragmatique et folkorique agent télévisuel Trump. Faut-il avoir davantage peur d’un opportuniste démagogue qui surfe sur toutes les peurs ou d’un ultraréac religieux minoritaire ? Mettez-vous à la place de Hillary Clinton…

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