Hillary’s Challenges

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Mettons d’entrée de jeu les choses au clair, pour ceux qui entretiennent encore des doutes au sujet de la victoire annoncée d’Hillary Clinton : son avance est insurmontable et légitime.

En juillet, lors de la convention démocrate de Philadelphie, 4765 délégués voteront pour déterminer de façon officielle qui a remporté la course à l’investiture de leur parti.

Déjà, au cours des 56 primaires et caucus tenus dans autant d’États et de territoires américains, Hillary Clinton a récolté l’appui de 2203 de ces délégués. Son rival Bernie Sanders en a obtenu 1828. Il ne reste qu’une seule étape à cette course, mardi prochain, à Washington, qui ne met en jeu que quelques dizaines de délégués.

À Philadelphie, au vote des délégués s’ajoutera celui des superdélégués, dont la majorité dit vouloir voter pour Hillary Clinton. Ils représentent, il est vrai, l’establishment du parti, ce qui est déploré par plus d’un. Le Parti démocrate aurait intérêt à revoir ce mode de fonctionnement. Mais le fait est que si ces superdélégués n’existaient pas, l’avance de l’ex-secrétaire d’État demeurerait insurmontable.

Précisons aussi qu’Hillary Clinton a remporté 33 victoires depuis le début de la course, contre 23 pour son adversaire. Et qu’elle a amassé environ 3 millions de votes de plus que lui.

On peut ne pas être d’accord avec le programme politique d’Hillary Clinton ou avec certains des gestes qu’elle a commis et des idées qu’elle a défendues au cours de sa longue carrière. En revanche, il faut saluer son exploit. Elle est devenue officiellement la première femme à remporter l’investiture d’un grand parti aux États-Unis. Seuls des hommes avaient jusqu’ici pu se rendre aussi près de la ligne d’arrivée de ce marathon présidentiel.

Comme le faisait remarquer le journaliste américain Peter Beinart, le seul fait qu’Hillary a remporté la course à l’investiture démocrate huit ans après l’avoir perdue contre Barack Obama est en soi digne de mention. Il s’agit, selon le reporter, du « comeback » le plus « remarquable » d’un candidat à la présidence depuis Richard Nixon. (Ce dernier avait remporté l’investiture républicaine en 1968, après avoir été battu par John F. Kennedy huit ans plus tôt lors du scrutin présidentiel.)

Une page d’histoire est tournée. Mais la mission est loin d’être accomplie pour la candidate démocrate.

Il lui reste cinq mois pour convaincre une majorité d’électeurs que c’est elle, et non Donald Trump, qui mérite de succéder à Barack Obama.

Parmi ses nombreux défis, elle devra premièrement trouver une façon de séduire les partisans de Bernie Sanders. Il a (enfin) affirmé jeudi qu’il était prêt à travailler avec elle « pour vaincre Donald Trump ».

Elle devra prouver, par ailleurs, malgré sa longévité, qu’elle ne représente pas le statu quo, entre autres lors du choix de son colistier. Les Américains sont avides de changement, comme ils l’ont démontré depuis le début de la campagne. Il lui faut aussi trouver le moyen de démontrer qu’elle n’est pas « malhonnête », comme ne cessera de le répéter son adversaire républicain d’ici novembre.

Elle doit impérativement relever ces défis avec succès. Car si elle n’y parvient pas, Donald Trump, dépeint comme un clown lorsqu’il s’est lancé dans la course, pourrait devenir président de la première puissance mondiale.

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