Agreement Between the United States and Mexico: A Respite from the Trade War

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Accord entre les Etats-Unis et le Mexique : un répit dans la guerre commerciale

Le compromis trouvé sur l’immigration devrait repousser les menaces d’une escalade commerciale, qui aurait pu être néfaste pour l’économie nord-américaine. Mais des doutes subsistent sur la durabilité de cette trêve.

La guerre commerciale de Donald Trump s’offre un moment de répit. Les Etats-Unis et le Mexique sont parvenus à un accord sur l’immigration ce week-end , ce qui évite les tarifs commerciaux que Washington comptait appliquer à partir de ce lundi.

Donald Trump a salué sur Twitter un « accord historique » entre les deux voisins. « Il existera désormais une formidable coopération entre les Etats-Unis et le Mexique, comme il n’en a pas existé depuis des décennies », s’est-il félicité. « Le Mexique n’était pas coopératif sur le problème de la frontière, mais j’ai désormais la confiance absolue qu’il le sera et qu’il voudra régler ce problème, en particulier après avoir parlé à son président. »

Son homologue mexicain Andres Manuel Lopez Obrador, qui avait délégué les négociations à son ministre des Affaires Etrangères, s’est rendu ce week-end à Tijuana, à la frontière américaine. Il s’est lui aussi félicité de l’accord, affirmant : « Je n’oppose pas un poing levé et fermé à l’encontre du président des Etats-Unis, mais une main ouverte et franche. Nous lui réitérons notre proposition d’amitié, de dialogue et de coopération, pour le bien de nos deux peuples. »

Un accord en trompe-l’oeil ?

L’accord prévoit que le Mexique renforce son dispositif à sa frontière sud, notamment en déployant sa garde nationale . Il devra aussi élargir le programme de coopération mis en place il y a plusieurs mois avec les Etats-Unis, qui l’oblige à accueillir les demandeurs d’asile centre-américains et à leur venir en aide, le temps que les Etats-Unis étudient leur demande.

En échange, Washington continuera de financer des programmes de soutien au développement dans le sud du Mexique et en Amérique centrale, comme il l’avait fait en décembre en s’engageant à fournir 5,8 milliards de dollars. Le Département d’Etat a indiqué qu’il comptait apporter 180 millions de dollars supplémentaires et mobiliser jusqu’à 2,5 milliards de dollars de prêts du secteur privé.

La plupart de ces points avaient déjà été approuvés par le passé et ont fait dire à une partie de la presse américaine, durant le week-end, que l’accord n’était qu’un trompe-l’oeil. Une autre incertitude demeure, en outre : la place de l’agriculture dans le compromis. Le texte de l’accord n’aborde pas la question mais, selon Donald Trump, le Mexique s’est engagé à acheter davantage de produits agricoles américains, ce qui pourrait résorber le déficit commercial américain envers son voisin. Les secteurs agricoles des deux pays sont déjà très dépendants l’un de l’autre et Washington avait tenu le même discours à propos des négociations avec la Chine… sans que cela ne se concrétise.

De nombreux doutes

Enfin, l’épée de Damoclès des tarifs demeure au-dessus du Mexique. Les Etats-Unis pourront évaluer les efforts fournis par Mexico dans sa lutte contre l’immigration illégale au bout de 90 jours. Et, si le Mexique ne coopère pas pleinement, « nous pouvons toujours reprendre notre position sur les tarifs », a menacé Donald Trump sur Twitter, tout en ajoutant : « Je ne pense pas que cela sera nécessaire. »

Les observateurs craignent donc que le répit soit de courte durée. « Nous demeurons profondément inquiets de l’usage de la menace et des tarifs commerciaux pour imposer des changements de politique envers nos voisins et nos alliés », a fait savoir le Business Roundtable, une organisation patronale américaine. D’autant qu’un autre dossier devrait désormais occuper Washington : Donald Trump doit décider d’ici à la mi-juillet, après avoir rencontré Xi Jinping, s’il taxe toutes les importations chinoises…

350 milliards de dollars

Le montant des importations mexicaines qui était menacé de surtaxes. Washington menaçait de fixer ces surtaxes à 5 % dès ce lundi, puis de les augmenter de 5 points tous les mois, pour atteindre 25 % en octobre. Cela aurait constitué les principaux tarifs mis en place par l’administration Trump, devant ceux imposés à la Chine ou ceux sur l’acier et l’aluminium, et aurait pu faire plonger le Mexique dans la récession et ralentir l’économie américaine.

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