United States: Democrats’ Election Setback Casts a Shadow over Rest of Joe Biden’s Term

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Etats-Unis : le revers électoral des démocrates assombrit la suite du mandat de Joe Biden

Les démocrates ont perdu l’Etat de Virginie, qu’ils contrôlaient depuis presque dix ans. En face, le camp républicain est apparu soudé, laissant augurer un possible retournement de majorité au Congrès, lors des élections de mi-mandat dans un an.

Par Nicolas Rauline

Le retour sur terre est brutal pour Joe Biden et les démocrates. L’état de grâce du président américain s’est achevé au coeur de l’été avec le retrait désordonné d’Afghanistan . Et déjà, certains anticipent la paralysie dans les trois années qui restent de son mandat. Les démocrates ont en effet subi un revers important ce mardi, lors des premières élections d’envergure organisées sous l’ère Biden, laissant présager un possible changement de majorité parlementaire dès l’an prochain.

Dans le scrutin le plus attendu du jour, les démocrates ont perdu le poste de gouverneur de Virginie , un Etat qu’ils ont dirigé près de trente ans sur les quatre dernières décennies. La carte électorale dessinée en Virginie n’est pas une surprise : les grandes agglomérations ont voté à une très large majorité pour le candidat démocrate Terry McAuliffe, un modéré qui a eu du mal à mobiliser son propre camp. Son adversaire, le républicain Glenn Youngkin, a fait le plein dans les campagnes et il est parvenu à gagner du terrain dans les banlieues et parmi les classes moyennes. Au final, il s’impose avec 50,7 % des voix.

Les républicains unis

Donald Trump s’est félicité de la victoire de Glenn Youngkin, 54 ans, ancien patron du fonds d’investissement Carlyle et inexpérimenté en politique. «Le mouvement Make America Great Again est chaque jour plus grand et plus fort», a-t-il soutenu dans un communiqué. Le vainqueur avait pourtant pris ses distances avec l’ancien président, qui n’avait pas été convié à faire campagne à ses côtés. Glenn Youngkin a réussi à séduire à la fois les fidèles de Donald Trump et les républicains qui rechignent à suivre l’agenda trumpiste.

Pour Joe Biden, c’est un échec. Il y a un an, il avait remporté la Virginie avec dix points d’avance sur Donald Trump. Et il s’était personnellement impliqué dans la campagne de Terry McAuliffe, venant le soutenir quelques jours avant le scrutin. Cela n’a pas suffi pour mobiliser, par exemple, les minorités qui l’avaient largement soutenu l’an dernier.

Ailleurs, les résultats sont tout aussi inquiétants pour les démocrates. Dans le New Jersey, les deux candidats au poste de gouverneur étaient encore au coude-à-coude ce mercredi, menaçant l’avancée des démocrates dans cet Etat de la côte Est, repris il y a quatre ans. Les républicains ne se faisaient pourtant guère d’illusions et ils avaient investi un candidat peu connu. Peu de surprises, en revanche, dans les quelques élections municipales organisées ce mardi. Les démocrates ont conservé les grandes villes, comme Boston, où Michelle Wu, 36 ans, fille d’immigrés taïwanais, est devenue la première femme maire de la ville et la première issue des minorités. New York , Detroit, Pittsburgh et Minneapolis restent également démocrates.

Le deuil des réformes?

A Minneapolis, un autre scrutin était attendu. Les électeurs ont choisi de ne pas révoquer la police municipale, coupable de la mort de George Floyd l’an dernier et de plusieurs violences depuis. L’aile gauche du parti démocrate souhaitait la remplacer par une agence qui aurait fait de la prévention une priorité.

Dans les rangs démocrates, on s’inquiète déjà des élections de mi-mandat l’an prochain, où le Congrès sera renouvelé. La majorité ne tient qu’à un fil au Sénat, où les deux camps sont aujourd’hui à égalité et uniquement départagés par le vote de la présidente du Sénat et vice-présidente américaine Kamala Harris. En cas de «vague rouge», la menace pourrait même se préciser à la Chambre des représentants. De quoi tuer dans l’oeuf toutes les réformes promises. Or, Joe Biden a déjà du mal à imposer son agenda à un Congrès qui lui est acquis: son plan d’investissements n’a pas le soutien du modéré Joe Manchin , ce qui bloque pour le moment tous les grands projets de la Maison-Blanche. Une fois les résultats de ce mardi passés, la majorité devait d’ailleurs s’atteler à poursuivre les négociations sur ce sujet qui ressemble de plus en plus à un tournant pour le mandat de Joe Biden.

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