Chaos ahead in US Congress

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À l’ouverture du 118e Congrès, l’embarrassant cafouillis au sein de la majorité républicaine de la Chambre des représentants était si prévisible que plusieurs démocrates sont venus avec des seaux de popcorn pour assister au spectacle.

Après deux jours de blocage, l’issue du processus d’élection du président (Speaker) de la Chambre des représentants demeure nébuleuse.

Même si Kevin McCarthy, le leader présumé des républicains, a déjà fait déménager ses boîtes dans le bureau laissé vacant par Nancy Pelosi, ses chances de s’y installer sont minces.

Quant aux chances que celui qui occupera ce bureau puisse mener efficacement la Chambre, elles semblent nulles.

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Impasse historique

Ce cafouillis est le prélude d’une session qui s’annonce chaotique à la Chambre, sous le contrôle nominal d’une fragile majorité de 222 à 212 pour le Parti républicain, qui demeure profondément marqué par l’empreinte du maître du chaos, Donald Trump, même si Trump n’est pas parvenu à convaincre ses disciples d’appuyer McCarthy.

C’est la première fois en cent ans qu’un speaker n’est pas désigné au premier tour. En 1923, ça avait pris neuf tours. Le record établi en 1855 est de 133 tours, sur plusieurs semaines.

Kevin McCarthy s’est dit prêt à battre le record pour vaincre la résistance d’une vingtaine de ses collègues. On en viendra probablement pas là, mais malgré les concessions qui leur ont été faites, les insurgés semblent déterminés à couler McCarthy.

Un avant-goût

Peu importe l’issue de ce bras de fer, il est pratiquement certain que le leadership républicain en chambre sera extraordinairement faible.

Pour l’essentiel, les élus républicains se satisferont de mettre des bâtons dans les roues de l’administration Biden et de démarrer des enquêtes bidon sur des scandales largement imaginaires. Ça leur assurera une couverture assidue sur Fox News qui leur permettra de puiser dans les économies de leurs partisans pour financer leur réélection.

Le parti du chaos

Ces premiers jours démontrent que le Parti républicain est désormais motivé non pas par des convictions claires—les idées des supporters de McCarthy sont aussi incohérentes que celles de ses détracteurs—mais par un nihilisme idéologique qui n’a pour ligne directrice que le démantèlement de l’État et l’obtention du pouvoir comme une fin en soi.

Pour le Parti républicain actuel, héritier des années Trump et de décennies de dogmatisme conservateur, la politique est devenue une forme de «performance art» où on peut réussir en captant l’attention de la chambre d’échos des médias de droite et en exploitant les divisions, les ressentiments et les désillusions des électeurs.

Le symbole de cette approche de la politique est sans contredit le nouveau représentant républicain de l’État de New York George Santos (si c’est bien son vrai nom), qui a été élu après avoir menti effrontément sur tous les aspects de son passé et que ses collègues républicains refusent de dénoncer, comme ils ont toujours refusé de dénoncer les mensonges de Donald Trump.

Ce qu’on retiendra entre autres choses du chaos au Parti républicain, c’est que la négation de la légitimité de l’État, qui est la base du conservatisme nihiliste en vogue dans une bonne partie de la droite d’aujourd’hui, ne peut pas être une philosophie de gouverne viable.

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