No, This Doesn’t Break His Heart

Published in La Presse
(Canada) on 19 June 2018
by Alexandre Sirois (link to originallink to original)
Translated from by Kristin Dale. Edited by Tiana Robles.
“Indignation is at its height facing what is turning out to be one of the cruelest decisions made by the Trump administration thus far,” explains Alexandre Sirois.

Last week on Twitter, former CIA director Michael Hayden published a photo of Auschwitz concentration camp. “Other governments have separated mothers and children,” he wrote. He was, of course, comparing the Trump administration’s controversial policy to the methods of Nazi Germany.

This hostile reaction was extremely insensitive. But it shows how indignation is at its height as it faces what is turning out to be one of the cruelest decisions made by the Trump administration thus far.

Even former first lady Laura Bush has stepped outside her self-imposed reserve to denounce the current president. “I appreciate the need to enforce and protect our international boundaries, but this zero-tolerance policy is cruel. It is immoral. And it breaks my heart,” she wrote. Her letter was published by The Washington Post. It hasn’t, of course, gone unnoticed.

Melania Trump has also spoken out on the controversial issue. "Mrs. Trump hates to see children separated from their families and hopes both sides of the aisle can finally come together to achieve successful immigration reform," said her spokeswoman, Stephanie Grisham.

Donald Trump is convinced that he must reduce the number of immigrants entering the United States, especially those who illegally cross the border. And he still dreams of building “a great, great wall on [the] southern border” of his country.

Which is where this Machiavellian plan, which he seems to think will allow him to achieve two goals, came from.

First, the Trump administration wants to have a dissuasive effect on immigration. It thinks that by separating parents from their children each time a family crosses the border, some potential immigrants will give up on entering the United States.

Second, the White House wants to impose its ideas about immigration on Democratic members of Congress. The White House seems convinced that by presenting a policy that they find intolerable, it will be easier, for example, to persuade them to free up $25 billion to build a border wall.

According to this logic, if Congress approves one of the two legislative proposals regarding immigration currently under review, parents and their children will no longer be separated at the border.

Trump wants his wall, at any cost. We know this. Now we realize that he is ready to sell his soul to obtain it.

This Machiavellian plan isn’t new. The Trump administration made the zero-tolerance policy official in April. Yesterday we learned that in May and June, 2,342 minors were separated from their parents in the space of five weeks. We’re talking about, on average, 66 children per day.

Separating children from their parents is inhumane. Detaining children, for that matter, is deplorable. But on top of that, from what we see and hear these days, the methods put into place are damning.

We’re talking about detention centers where children, many of them, find themselves in what many consider to be cages. According to several photos, they sleep on mattresses on the ground, one right next to another. And, from what Colleen Kraft, president of the American Academy of Pediatrics, has reported, there is no physical contact allowed between these children and adults. It is forbidden, in short, to console them. And their parents are not there to reassure them.

“The really basic, foundational needs of having trust in adults as a young child was not being met. That contradicts everything we know that the kids need to build their health,” Dr. Kraft revealed to The Washington Post after having visited one of the centers.

None of this seems to touch the American president in the least. He places the blame on the backs of the Democrats, but that’s a lie.

A simple decision on his part could put an end to this nightmare, though this doesn’t seem to be on the verge of happening. On the contrary, yesterday Secretary of Homeland Security Kirstjen Nielsen, resolutely defended the administration’s position. “We will not apologize for doing our job,” she said.

If this terrible policy breaks the hearts of Laura Bush and a great many Americans, it apparently doesn’t break Trump’s.


«L'indignation est à son comble face à ce qui s'avère être une des décisions les plus cruelles prises par l'administration Trump jusqu'ici», explique Alexandre Sirois.

L'ancien directeur de la CIA, Michael Hayden, a publié sur Twitter le week-end dernier une photo du camp de concentration d'Auschwitz. «D'autres gouvernements ont séparé des mères de leurs enfants», a-t-il écrit. Il comparait, vous l'aurez compris, la politique controversée de l'administration Trump aux méthodes de l'Allemagne nazie.

Cette réaction épidermique était extrêmement maladroite. Mais elle démontre à quel point l'indignation est à son comble face à ce qui s'avère être une des décisions les plus cruelles prises par l'administration Trump jusqu'ici.

Même l'ancienne première dame du pays, Laura Bush, est sortie de sa réserve pour dénoncer l'actuel président. «Je comprends le besoin de renforcer et protéger nos frontières internationales, mais cette politique de la tolérance zéro est cruelle. Elle est immorale. Et ça me brise le coeur», a-t-elle écrit. Son texte a été publié par le Washington Post. Il n'est, bien sûr, pas passé inaperçu.

Melania Trump s'est aussi prononcée sur cet enjeu controversé. «Mme Trump déteste voir des enfants séparés de leur famille et espère que les deux camps politiques pourront enfin se réunir pour mener à bien la réforme de l'immigration», a déclaré sa porte-parole, Stephanie Grisham.

Donald Trump est persuadé qu'il faut réduire le nombre d'immigrants qui entrent aux États-Unis. Tout particulièrement ceux qui traversent illégalement la frontière. Et il rêve toujours de construire «un grand, grand mur à la frontière sud» de son pays.

D'où ce plan machiavélique qui, semble-t-il penser, lui permettra d'atteindre deux objectifs.

Premièrement, l'administration Trump veut avoir un effet dissuasif. Elle croit que si elle sépare les parents des enfants chaque fois qu'une famille traverse la frontière, plusieurs migrants potentiels renonceront à entrer aux États-Unis.

Deuxièmement, la Maison-Blanche veut imposer ses idées en matière d'immigration aux membres démocrates du Congrès américain. Elle semble convaincue qu'en mettant de l'avant une politique que ces élus trouvent insupportable, il lui sera plus facile de les convaincre, par exemple, de débloquer 25 milliards pour construire un mur à la frontière.

Selon cette logique, si le Congrès approuve un des deux projets de loi à l'étude actuellement en matière d'immigration, les parents et les enfants ne seront plus séparés à la frontière.

Donald Trump le veut à tout prix, son mur. On le savait. On se rend maintenant compte qu'il est prêt à vendre son âme pour l'obtenir.

Ce plan machiavélique ne date pas d'hier. La politique de la tolérance zéro a été officialisée en avril par l'administration Trump. On a appris hier qu'en mai et en juin, 2342 mineurs ont été séparés de leurs parents en l'espace de cinq semaines. On parle, en moyenne, de 66 enfants par jour!

Séparer les enfants de leurs parents est inhumain. La détention d'enfants, d'ailleurs, est déplorable. Mais en plus, d'après ce qu'on voit et ce qu'on entend ces jours-ci, les méthodes mises en oeuvre sont accablantes.

On parle de centres de détention où les enfants se retrouvent, nombreux, dans ce que plusieurs qualifient de cages. Selon certaines photos, ils couchent sur des matelas à même le sol, les uns près des autres. Et, d'après ce qu'a raconté la présidente de l'Académie américaine de pédiatrie, Colleen Kraft, aucun contact physique n'est permis avec ces enfants de la part d'adultes. Il est interdit, en somme, de les consoler. Et leurs parents ne sont pas là pour les rassurer.

«Les besoins fondamentaux d'un jeune enfant, qui a besoin de faire confiance aux adultes, n'étaient pas satisfaits. Cela contredit tout ce qui, savons-nous, est nécessaire à la bonne santé d'un enfant», a confié Mme Kraft au Washington Post après avoir visité un des centres.

Tout ça ne semble pas émouvoir le moins du monde le président américain. Il met la faute sur le dos des démocrates, mais c'est un mensonge.

Une simple décision de sa part permettrait de mettre fin à ce cauchemar. Ce qui ne semble pas sur le point de se produire. Au contraire. La secrétaire à la Sécurité nationale Kirstjen Nielsen a même hier fermement défendu la position de son administration. «Nous ne présenterons pas d'excuses parce que nous faisons notre travail», a-t-elle dit.

Si cette terrible politique fend le coeur de Laura Bush et d'un grand nombre d'Américains, elle ne brise apparemment pas celui de Donald Trump.
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