America on a Diet

Published in Le Monde
(France) on 21 April 2010
by Corine Lesnes (link to originallink to original)
Translated from by Andrew Lusztyk. Edited by .

Edited by Amy Wong

“DEAR EDITOR: I could not verify the following English-language quotes:
[list quote(s)]”
translator’s name here
It’s not only in Michelle Obama’s White House that one is on a low-calorie diet. Across the entire country, belts are tightening. They close, they cut and they remove. Ten years ago, America couldn’t stop thinking bigger. Super size was the order of the day. Today, everything shrinks with the same suddenness. Cars, houses, governments . . .

Blame the deficits. In its most recent issue, Newsweek declared “America is back!” “America still leads the world at processing failure, at latching on to new innovations and building them to scale quickly and profitably,” cried the weekly, boasting of a faster recovery than anywhere else. That might be true on Wall Street but not at the state level. Federal aid, included in the February 2009 stimulus plan, is starting to run out. Several states, including New Jersey, have only masked deficits with accounting tricks. Some economists go as far as to raise the specter of Greece.

California has a deficit of 56 percent, and it consumes three times more energy than it produces (Analyst Gregor MacDonald remarked that the states that are the worst off are exactly those where the gap between energy produced and consumed was the widest). In Illinois, Barack Obama’s state, debt has reached 41 percent of the budget, largely due to health insurance and pensions for the elderly. Florida, which is one of the seven states without income taxes, is projecting a deficit of $2.6 billion for 2011. The governor, a moderate Republican, is on the verge of being knocked out of the race by an opponent who has been made a champion of the Tea Party movement.

The states most affected by the crisis are strangled by a fiscal corset that prevents them from raising taxes. In more prosperous times, anti-government activists had succeeded in forcing the passage of measures requiring the redistribution of surpluses. Now, governors are forced to struggle with local assemblies, knowing that raising taxes has become a form of electoral suicide. Oregon is one of the only states to have taken the plunge and adopt the crazy idea of making the rich pay. In January, voters approved a tax raise for high earners and big businesses. It was an urgent matter: hundreds of schools had reduced the week to four days. More money means more Monday classes.

America manages the crisis in its own way: stringent, but with much creativity. In Missouri, ambulances are taxed; in New York, it’s limousines. Arizona has mortgaged the governor’s residence. California has ordered businesses to pay their taxes in advance. Colorado’s House of Representatives passed an amendment abolishing the Senate (which used its veto, as one might have expected). In Denver, a group of citizens proposed to melt down the gold covering the Capitol building’s dome.

The solution to the crisis: reduced government. Public servants are expected to meet the obligatory 35 hours, of some kind, but unpaid. Here, the libraries close one day of the week. There, it’s the courts. In Vermont, the Supreme Court has declared a half-day of leisure per week.

In Oklahoma, 4,600 prison guards took twelve days of forced vacation. It is estimated that half of all local governments have already resorted to layoffs or “furloughs.” The number of layoffs is impressive all the same: close to 200,000 employees laid off since August 2008, at a time when their services have never been so sought after.

According to the Center on Budget Policy and Priorities, a research institute based in Washington, forty-five states have reduced social services since the start of the recession. No improvement is expected in 2011, considering the budgets that have recently been presented by the governors. Cuts are predicted for prison medical services, disadvantaged children, mentally ill peoples’ benefits, childcare subsidies, school transportation . . . “We will have to step back and find new business models for the services that we provide,”* summarizes Raymond Scheppach, director of the National Governors Association.

Education is the sector that has been suffering the most. The Secretary of Education estimates that between 100,000 to 300,000 professors are threatened with layoffs come September, if nothing is done. During the second week of April, Democratic Senator Tom Harkin proposed a $23 billion dollar rescue plan for schools, akin to the 2008 bank bailout. The name of the bill is “Keep Our Educators Working.”

In university cafeterias, meal trays are starting to be removed — no trays, no stacking of plates, less cleaning, less water, less calories, and less cost. More than a hundred universities have already taken this measure. Some of them have only gradually introduced it, a process that has led to, in the inimitable American fashion of communication, “Tray-less Tuesdays.” Come Wednesday, to hell with the deficits, we can binge again.

Editor’s Note: Quote could not be verified.


Il n'y a pas qu'à la Maison Blanche de Michelle Obama qu'on est au régime basses calories. Dans tout le pays, on se serre la ceinture. On ferme, on coupe, on supprime. Il y a dix ans, l'Amérique ne cessait de voir plus grand. Super size était le menu du jour. Aujourd'hui, tout rétrécit avec la même soudaineté. Les voitures, les maisons, les administrations...

La faute aux déficits. Dans sa dernière édition, Newsweek claironne "America is back". L'Amérique est de retour. "Pour digérer les échecs, et se saisir des innovations, les Etats-Unis restent champions du monde", s'écrie l'hebdomadaire, en vantant une convalescence plus rapide qu'ailleurs. C'est peut-être vrai à Wall Street. Mais au niveau des Etats, c'est la dèche. Les aides fédérales, incluses dans le plan de relance de février 2009, commencent à être épuisées. Plusieurs Etats, dont le New Jersey, n'ont masqué les déficits qu'au prix d'acrobaties comptables. Certains économistes vont jusqu'à agiter le spectre de la Grèce.

La Californie accuse un déficit de 56 % de son budget et elle consomme trois fois plus d'énergie qu'elle n'en produit (l'analyste Gregor MacDonald a remarqué que les Etats les plus mal en point sont justement ceux où le décalage entre énergie produite et consommée est le plus grand). Dans l'Illinois, l'Etat de Barack Obama, la dette atteint 41 % du budget, causée pour une large part par l'assurance-santé et les retraites des personnes âgées. La Floride, qui est l'un des sept Etats sans impôt sur le revenu, projette un déficit de 2,6 milliards pour 2011. Le gouverneur, un républicain modéré, est en passe d'être chassé de la course par un adversaire qui s'est fait le champion des Tea Parties...

Les Etats les plus touchés par la crise sont étranglés par un corset fiscal qui leur interdit d'augmenter les impôts. Au temps de la prospérité, les activistes antigouvernement avaient réussi à faire passer des mesures imposant la redistribution des excédents. Maintenant, les gouverneurs sont obligés de ferrailler avec les assemblées locales, sachant qu'augmenter les impôts est devenu une forme de suicide électoral. L'Oregon est l'un des seuls à avoir franchi le pas et adopté l'idée farfelue de faire payer les riches. En janvier, les électeurs ont approuvé une augmentation de l'impôt sur les hauts salaires et les grandes entreprises. Il y avait urgence : des centaines d'écoles avaient ramené la semaine à quatre jours. Plus d'argent, plus de cours le lundi.

L'Amérique gère la crise à sa manière : sans faire de quartiers, mais avec beaucoup de créativité. Dans le Missouri, on taxe les ambulances ; à New York, ce sont les limousines. L'Arizona a hypothéqué la résidence du gouverneur. La Californie a ordonné aux entreprises de payer leurs impôts d'avance. La Chambre des représentants du Colorado a adopté un amendement supprimant le Sénat (lequel y a mis son veto, comme on s'en doute). A Denver, un groupe de citoyens a proposé de faire fondre l'or qui recouvre le dôme du Capitole.

Solution à la crise : le gouvernement allégé. Les 35 heures obligatoires, en quelque sorte, mais non payées. Ici, les bibliothèques ferment un jour par semaine. Là, ce sont les tribunaux. Dans le Vermont, le président de la Cour suprême a décrété une demi-journée de loisirs par semaine.

Dans l'Oklahoma, 4 600 gardiens de prison ont pris douze jours de vacances forcées. Selon la Conférence nationale des assemblées locales, la moitié des administrations ont déjà eu recours au chômage technique ("furlough"). Les chiffres des licenciements sont tout aussi impressionnants : près de 200 000 fonctionnaires licenciés depuis août 2008, alors que leurs services n'ont jamais été autant sollicités.

Selon le Center on Budget Policy and Priorities, un organisme d'études de Washington, quarante-cinq Etats ont réduit les services sociaux depuis le début de la récession. Aucune amélioration n'est prévue pour 2011, à voir les budgets que viennent de présenter les gouverneurs. Des coupes sont prévues dans les services médicaux aux prisonniers, aux enfants défavorisés, aux malades mentaux, dans les subventions aux crèches, au transport scolaire... "Nous allons devoir prendre du recul et trouver de nouveaux modèles économiques pour les services que nous apportons", a résumé Raymond Scheppach, le directeur de l'Association nationale des gouverneurs.

Le secteur qui souffre le plus est l'éducation. Le ministre de l'éducation estime que de 100 000 à 300 000 professeurs sont menacés de licenciement à la rentrée, si rien n'est fait. Au cours de la deuxième semaine d'avril, le sénateur démocrate Tom Harkin a proposé un plan de sauvetage de 23 milliards pour les écoles à l'image du bail out de 2008 pour les banques : "Gardons nos enseignants au travail", c'est le nom du projet de loi.

Dans les cafétérias des universités, on a commencé à supprimer les plateaux-repas. Sans plateaux, pas d'empilement d'assiettes. Moins de nettoyage, moins d'eau, moins de calories, moins de frais. Plus d'une centaine d'universités ont déjà pris cette mesure. Certaines ne l'ont introduite que progressivement, ce qui, avec l'inimitable sens américain de la com', se traduit par l'instauration de Trayless Tuesdays : les "mardis sans plateaux". Le mercredi, au diable les déficits, on peut de nouveau s'empiffrer.
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