In the US, Democracy Is OK, Trade Is a KO

Published in L'Echo
(Belgium) on 20 February 2026
by Serge Quoidbach (link to originallink to original)
Translated from by Max Woodman. Edited by Laurence Bouvard.
The U.S. Supreme Court has ruled a large portion of the tariffs imposed by Donald Trump are illegal. The decision shows that Uncle Sam’s institutional barriers are holding up. But those who celebrate will be disappointed.

The trade barrier that Donald Trump built has come tumbling down. Six of the nine Supreme Court justices, including two Trump appointees, have held that the president could not use base his famous global tariffs on an economic emergency and would therefore have to seek congressional approval, a process he viewed as too time consuming.

The decision goes well beyond international trade, as it has carries eminently political consequences. The rebuff shows that checks and balances continue to function in the face of Trump’s onslaughts— here deemed illegal. This setback has precedent in the House of Representatives. Last week, part of his own political base voted with the Democrats to rescind the tariffs imposed on Canada. The vote carries little weight, as the president will veto it as soon as can.

But such a rebellion demonstrates the extreme political fragility of the presidential bazooka. A recent survey shows that 60% of Americans disapprove of the tariffs, and more than half believe they have driven up the cost of living.

It’s a sentiment that’s reflected in the figures. According to the Federal Reserve, Americans themselves and their businesses have absorbed more than 90% of the tariffs. Meanwhile, in 2025, the U.S. trade deficit — the main reason for Trump’s tariff wall — actually increased slightly from the previous year.

Denounce the EU Agreement?

Should we celebrate the Supreme Court decision?? Certainly not. It once again ushers in months of uncertainty, damaging to the global economy.

First, because it paves the way for potentially massive refunds to importers who have been paying the tariffs, amounting to tens of billions of dollars. What’s more, the Supreme Court could not agree on the procedure itself, which is likely to be “messy,” as one of the three dissenting Republican judges warned. Thousands of businesses are already poised to take action.

For their part, certain members of the European Parliament intend to denounce the agreement signed with the European Union, on which the Supreme Court has not ruled, but which is suddenly shrouded in legal uncertainty. The agreement has been put on hold at the European Parliament in the wake of Trump’s assault on Greenland. As humiliating and unfavorable as it was, it did, nonetheless, have the advantage of stabilizing trans-Atlantic trade. Wouldn’t calling it into question be tantamount to opening Pandora’s box, given a politically wounded Trump prepared to strike even harder?

The White House team has already devised a response and is prepared to use other legal resources to achieve its objectives. Whereas the economic emergency invoked by the U.S. president allowed him to sign broad-based trading agreements, the new tools will more precisely target specific sectors such as pharmaceuticals and chemicals, two major players in Belgium.

The American rule of law has shown that, even when shaken in unprecedented ways, it can withstand Trump’s excesses. But, just as the trade war seemed to be finally entering full swing, the Supreme Court may have just put another cog into to the president’s infernal machine.


La Cour suprême américaine juge "illégale" une grande partie des droits de douane imposés par Donald Trump. Une décision qui montre que les digues institutionnelles de l’Oncle Sam tiennent bon. Mais ceux qui s’en réjouissent en seront pour leurs frais.

La muraille douanière construite par Donald Trump s’est effondrée. Six juges – dont deux nommés par lui – sur les neuf que compte la Cour suprême américaine ont estimé que le président ne pouvait utiliser l’argument de l’urgence économique pour imposer au monde ses fameux droits de douane. Il devait donc passer par le Congrès, procédure trop longue à ses yeux.

La décision va bien au-delà du commerce international, car elle a des conséquences éminemment politiques: cette rebuffade montre que les contre-pouvoirs continuent de fonctionner face aux ruades – jugées ici illégales – de Donald Trump.

Un camouflet qui a un précédent, à la Chambre des représentants. La semaine passée, une partie de sa propre base a voté avec les démocrates pour abroger les droits de douane sur le Canada. Un vote qui n’a que peu de poids, le président le renversera dès qu’il le pourra par son veto.

Mais une telle rébellion montre l’extrême fragilité politique du bazooka présidentiel. Un récent sondage montre que 60% des Américains désapprouvent les tarifs, et plus de la moitié d’entre eux estiment qu’ils ont poussé le coût de la vie à la hausse.

Un sentiment démontré par les chiffres. Selon la Réserve fédérale, ce sont les Américains eux-mêmes et leurs entreprises qui ont absorbé plus de 90% des droits de douane. Et ce, alors que, dans le même temps, en 2025, le déficit commercial américain, raison première de la muraille douanière, a même légèrement augmenté par rapport à l’année précédente.

Dénoncer l'accord avec l'UE?

La décision de la Cour suprême doit-elle pour autant nous réjouir? Certainement pas. Avec elle s’ouvrent à nouveau des mois d’incertitude, dommageables pour l’économie mondiale.

D’abord, parce que son prononcé ouvre la voie à des remboursements potentiellement massifs pour les importateurs qui ont acquitté les droits de douane, droits qui se comptent en dizaines de milliards de dollars. En outre, la Cour suprême n’a pas pu s’accorder sur la procédure elle-même, qui promet d’être "désordonnée", a prévenu l’un des trois juges républicains opposés à la décision. Des milliers d’entreprises sont déjà dans les starting-blocks.

De leur côté, certains députés européens entendent dénoncer l’accord signé avec l’Union, sur lequel la Cour suprême n’a pas statué mais qui se voit soudain frappé d’un flou juridique. Accord qui, depuis l’assaut groenlandais de Donald Trump, est resté en suspens au Parlement européen. Tout humiliant et désavantageux qu’il fût, il avait pourtant l’avantage de stabiliser le commerce transatlantique. Le remettre en question n’équivaudrait-il pas à rouvrir la boîte de Pandore, face à un Donald Trump politiquement blessé, prêt à mordre d’autant plus fort?

Car les équipes de la Maison-Blanche ont déjà échafaudé la réplique et s’apprêtent à utiliser d’autres ressources juridiques pour atteindre leurs objectifs. Là où l’urgence économique utilisée par le président américain lui permettait de signer des accords commerciaux à larges spectres, les nouveaux outils cibleront mieux les secteurs à attaquer, comme la pharmacie et la chimie, deux poids lourds en Belgique.

L'État de droit américain a montré que, même ébranlé de manière inédite, il peut tenir tête aux extravagances de Donald Trump. Mais, alors que la guerre commerciale semblait enfin entrer dans un rythme de croisière, la Cour suprême vient peut-être de rajouter une pièce dans la machine infernale du président.

[Alors que la guerre commerciale semblait enfin entrer dans un rythme de croisière, la Cour suprême vient peut-être de rajouter une pièce dans la machine infernale du président.]
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