Firearms in the United States: A Hoax?

Published in Liberation
(France) on 7 December 2015
by Ioana Marinescu (link to originallink to original)
Translated from by Megan Cohen. Edited by Danielle Tezcan.
Dec. 2, 2015: 14 people were killed and 21 were injured in a shooting in San Bernardino, California. It’s the deadliest shooting since 2012, when 20 children and eight teachers were killed in an elementary school in Connecticut. After this new shooting, Barack Obama declared that it was necessary to strengthen arms control to reduce the chances that a similar event happens again.

The United States is, in effect, one of the developed countries with the most arms per inhabitant. It also has the most elevated rate of homicide of the OECD, excluding Russia, Mexico and Brazil. It’s easy to link the two given that it is much easier to kill someone with a firearm, which is on average 13 times more effective than a knife to kill.

So, can reducing access to guns reduce the number of homicides? The answer seems evident and yet the research on this question is inconclusive!

Thus, homicides are not consistently more numerous in the United States where there are the most guns. And the decline in the number of guns in a country does not automatically reduce the number of homicides.

The case of gun shows in the United States is very interesting. These shows, similar to auto shows, allow vendors to show state of the art guns to dumbfounded clients and, of course, to sell them. Even if this varies depending on the state, it is generally easier to buy a firearm in such an event that blocks full control of police records. If the sale of guns facilitates homicides, we would expect an increase of homicides in proximity to these shows during the following weeks. However, Duggan, Hjalmarsson and Jacob (2010) show that there isn’t one. Therefore, there is not a direct link between easy access to guns and homicides.

Another instructive example is the Australian case. After the death of 35 people in a shooting in 1996, Canberra prohibited possession of certain types of guns in 1997, reducing the number of arms in Australia by about 20 percent. Leigh and Neill (2010) compare the Australian states where many guns were removed from circulation to those in which numbers only changed a little. In the five years that followed this new law, the results were essentially the same in all the states. The Australian example once again shows that reducing access to guns does not necessarily reduce the number of homicides.

How to explain these counterintuitive results? To better understand the role of weapons in homicides, it’s necessary to know how criminals get them themselves. Recent work from my colleagues Jens Ludwig and Harold Pollack, with Cook and Harris, examines the origin of guns confiscated from criminals in Chicago. They show that the large majority of weapons used by criminals had been bought, or sold, on the secondhand market. The average age of a firearm seized from a murderer is 10 years.

Thus, further limiting access to guns in stores [where it is] legal to buy new weapons will not have an immediate effect on criminals who have the tendency to use secondhand material. This is why it is so difficult to show a systematic link between access to legal guns and homicides. If such a link exists, it goes through the secondhand market and can take 10 years or more to come into being.

In conclusion, it isn’t demonstrated that reducing access to guns in the United States will have a palpable effect on the number of homicides in the short term. However, it is also not necessary to stop controlling weapons. They remain the most effective instrument to kill: The limitation of the quantity of weapons in circulation can curtail the secondhand market, reducing criminals’ access to weapons and ultimately, the number of homicides in the long term.


Le 2 décembre 2015, 14 personnes ont été tuées et 21 ont été blessées dans une fusillade à San Bernardino, en Californie. C’est la fusillade la plus meurtrière aux Etats-Unis depuis 2012, quand 20 enfants et 8 professeurs avaient été tués dans une école élémentaire du Connecticut. Après cette nouvelle fusillade, Barack Obama a déclaré qu’il fallait renforcer le contrôle des armes à feu pour réduire les chances qu’un événement pareil se reproduise.

Les Etats-Unis sont en effet l’un des pays développés qui a le plus d’armes à feu par habitant. Ils ont aussi le taux d’homicide le plus élevé de l’OCDE (si on exclut la Russie, le Mexique et le Brésil). Il est facile de faire un lien entre les deux étant donné qu’il est beaucoup plus facile de tuer quelqu’un avec une arme à feu, qui est en moyenne treize fois plus efficace qu’une arme blanche pour tuer.

Alors est-ce que réduire l’accès aux armes à feu peut réduire le nombre d’homicides ? La réponse semble évidente et pourtant la recherche sur cette question est peu concluante !

Ainsi, les homicides ne sont pas systématiquement plus nombreux dans les Etats américains où il y a le plus d’armes à feu. Et la baisse du nombre d’armes à feu dans un Etat ne réduit pas non plus mécaniquement le nombre d’homicides.

Le cas des foires aux armes à feu aux Etats-Unis est très intéressant. Ces foires, similaires aux salons automobiles, permettent de montrer aux clients ébahis les armes dernier cri et, bien sûr, de les vendre. Même si cela varie selon les Etats, il est généralement plus facile d’acheter une arme à feu dans une telle manifestation qui évite tout contrôle de casier judiciaire. Si la vente d’armes à feu facilitait les homicides, on s’attendrait à une augmentation des homicides à proximité de ces foires dans les semaines qui suivent. Or Duggan, Hjalmarsson et Jacob (2010) montrent qu’il n’en est rien. Il n’y a donc pas de lien immédiat entre l’accès facile aux armes à feu et les homicides.

Un autre exemple édifiant est le cas australien. Après la mort de 35 personnes dans une fusillade en 1996, Canberra a interdit la possession de certains types d’armes à feu en 1997, que le gouvernement a racheté à leurs propriétaires. Ce programme a été massif, réduisant d’environ 20 % le nombre d’armes en Australie. Leigh et Neill (2010) comparent les Etats australiens où beaucoup d’armes à feu ont été retirées de la circulation à ceux dans lesquels les chiffres ont peu bougé. Dans les cinq ans qui ont suivi cette nouvelle politique, les résultats étaient sensiblement les mêmes dans tous les Etats. L’exemple australien montre encore une fois que réduire l’accès aux armes à feu ne réduit pas forcément le nombre d’homicides.

Comment expliquer ces résultats contre-intuitifs ? Pour mieux comprendre le rôle des armes dans les homicides, il faut savoir comment les criminels se les procurent. Le récent travail de mes collègues Jens Ludwig et Harold Pollack (avec Cook et Harris) examine la provenance des armes à feu confisquées aux criminels dans la ville de Chicago. Ils montrent que l’immense majorité des armes utilisées par des criminels ont été achetées (ou volées) sur le marché de l’occasion. L’âge moyen d’une arme à feu confisquée à un meurtrier est de dix ans.

Ainsi, limiter davantage l’accès aux armes à feu dans les magasins légaux pour acheter des armes neuves n’aura pas d’effet immédiat sur les criminels, qui ont tendance à utiliser du matériel de seconde main. C’est pourquoi il est si difficile de montrer un lien systématique entre l’accès aux armes à feu légales et les homicides. Si un tel lien existe, il passe par le marché d’occasion et peut prendre dix ans ou plus pour se matérialiser.

En conclusion, il n’est pas démontré que réduire l’accès aux armes à feu aux Etats-Unis va avoir un effet palpable sur le nombre d’homicides à court terme. Il ne faut pas pour autant arrêter de contrôler les armes. Elles restent l’instrument le plus efficace pour tuer : la limitation de la quantité d’armes en circulation peut étrangler le marché d’occasion, réduisant l’accès des criminels aux armes et in fine le nombre d’homicides à plus long terme.
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