Reasons for Tension Between Beijing and Washington

Published in JDD
(France) on 26 February 2010
by Nolwenn Le Blevennec (link to originallink to original)
Translated from by Mulanga Diane. Edited by Jessica Boesl.
I In recent weeks, humiliating events have been occurring one after another. Thursday, the American president received the Dalai Lama, sparking anger in Beijing. In January, Google threatened to end its operations in China after a massive computer attack. A few days later, China suspended its military exchanges with the United States and announced sanctions against the U.S. companies involved in selling weapons to Taiwan. François Godement, Director of the Asia Center at Sciences Po explains the reasons behind the tension.

When did the cold relationship between the United States and China Start?

Paradoxically, Sino-American relations tensed when Obama visited China last November. During this official visit, Barack Obama did everything to minimize the differences, but some incidents, such as the censorship of two major meetings with the American president in the local press, ruined the honeymoon. At the Copenhagen summit, tensions between the two countries reached their height because they were unable to agree on the distribution of efforts to fight global warming.

More recently, have the sale of weapons to Taiwan and the visit of the Dalai Lama at the White House fueled tensions?

Yes, but there is nothing new. The U.S. diplomatic officials are the same as during the George Bush era. Barack Obama waited a fair amount of time between his official trip to China and his meeting with the Dalai Lama. He met with the Dalai Lama without the media’s attention. The sale of weapons to Taiwan is usual. They are primarily defensive weapons, which do not threaten the security of China. The United States has not changed.

Barack Obama is not more severe with the Chinese?

The U.S. president has a vision of China that is fairly close to that of his predecessor. He admires the country for its economic growth and believes in the virtues of cultural exchange. That is why he has put a program offering thousands of American students the opportunity to study in China into place. Unlike Hillary Clinton, Obama is far from the Democratic groups that advocate for a tougher tone toward Beijing.

If it is not the United States, is it China that has changed?

It is more aggressive. China now deals with American officials with the same negligence as if they were European. It poses challenges to Americans and even attacks its businesses. In late January, in an unprecedented move, the authorities threatened retaliation against the U.S. companies involved in the proposed weapons sale to Taiwan, such as Boeing. China has changed its perception of its own new strength.

What changed?

In 2009, China recorded its domestic growth at 13 percent and became the largest exporter in the world. In addition, the collapse of the U.S. and international financial systems has reinforced its model. Its superiority is proven today. It will perhaps end some day, especially if the Chinese property bubble bursts.

A few months ago, they still spoke of the G-2, a sort of global domination by the United States and China. Is this still possible?

China has no plans for a duo. It wishes to extend its zone of influence. To do this, it is arranging for its financial sovereignty by diversifying its investments. In fact, in recent weeks, China abandoned its U.S. Treasury bonds. This is the first time in years that Japan has taken its place as the primary creditor to the U.S.

What is the perimeter of this zone of influence?

Unlimited. There is a surge of Chinese in Africa and in Latin America. China also grants loans to countries with large energy resources, like Russia and Brazil. China hopes to turn to developing countries rather than industrialized nations. That is its strategy.

Will the tension necessarily calm down?

The United States needs China, its political support on the issues of North Korea and Iran, and its support as a financier. Accordingly, the United States remains cautious. They also reacted little to the sentence of 11 years in prison for the leading Chinese dissident, Liu Xiaobo. Only a military skid could stir up tensions.

On which front?

Off the shores of China. China often complains about the maritime surveillance policy of the United States. In early 2009, there was an incident involving a surveillance vessel that was attacked by the Chinese Navy. This could happen again.

Have relations warmed between China and France?

There has been normalization without warmth. Our industrial and economic systems are increasingly in competition. China is building highways, trains, high-speed trains and nuclear power plants. This will inevitably create tension.


Pékin-Washington, les raisons de la tension

Depuis quelques semaines, les vexations s’enchaînent. Jeudi, le président américain a reçu le dalaï-lama, provoquant la colère de Pékin. En janvier, Google menaçait de cesser ses opérations en Chine après des attaques informatiques massives. Quelques jours plus tard, la Chine suspendait ses échanges militaires avec les Etats-Unis et annonçait des sanctions à l’encontre de sociétés américaines impliquées dans la vente d’armes à Taïwan. Les raisons de cette tension par François Godement, directeur de l’Asia Centre de Sciences-Po.


A quand remonte le coup de froid entre les Etats-Unis et la Chine?
Paradoxalement, les relations sino-américaines se sont tendues au moment où Obama s’est rendu en Chine, en novembre dernier. Au cours de ce voyage officiel, Barack Obama a tout fait pour minimiser les divergences, mais quelques incidents, comme la censure de deux grands entretiens du président américain dans la presse locale, ont rompu la lune de miel. Au sommet de Copenhague, les tensions entre les deux pays, incapables de s’accorder sur la répartition des efforts à faire pour lutter contre le réchauffement climatique, étaient à leur comble.

Plus récemment, la vente d’armes à Taïwan et la visite du dalaï-lama à la Maison-Blanche ont-elles mis de l’huile sur le feu?
Oui, pourtant il n’y a rien de nouveau. Les responsables diplomatiques américains sont les mêmes que sous l’ère George Bush. Barack Obama a respecté un délai assez long entre son voyage officiel en Chine et sa rencontre avec le dalaï-lama. Il l’a rencontré sans tapage médiatique. La vente d’armes à Taïwan est habituelle. Ce sont essentiellement des armes défensives qui ne menacent pas la sécurité de la Chine. Les Etats-Unis n’ont pas changé.

Barack Obama n’est pas plus sévère envers les Chinois?
Le président américain a une vision de la Chine assez proche de celle de son prédécesseur. Il admire le pays pour sa croissance économique et croit aux vertus d’un échange culturel. C’est pour cela qu’il a mis en place un programme offrant à des milliers d’étudiants américains la possibilité d’aller étudier en Chine. Contrairement à Hillary Clinton, Obama est loin des groupes démocrates qui prônent le durcissement du ton envers Pékin.

«La Chine lance des défis aux Américains»
Si ce ne sont pas les Etats-Unis, c’est donc la Chine qui a changé?
Elle est plus agressive. La Chine traite désormais les dirigeants américains avec la même négligence que s’ils étaient européens. Elle lance des défis aux Américains et s’en prend même à leurs entreprises. Fin janvier, fait sans précédent, les autorités ont brandi la menace de représailles à l’encontre des compagnies américaines impliquées dans le projet de vente d’armes à Taïwan, comme Boeing. La Chine a une perception de sa propre force qui est nouvelle.

Qu’est-ce qui a changé?
En 2009, la Chine a enregistré 13 % de croissance intérieure et est devenue le premier pays exportateur mondial. En outre, l’effondrement du système financier américain et international l’a confortée dans son modèle. Sa supériorité est aujourd’hui avérée. Elle prendra peut-être fin un jour, notamment si la bulle immobilière chinoise explose un jour.

Il y a quelques mois, on parlait encore d’un G2, sorte de directoire mondial assuré par les Etats-Unis et la Chine. Est-ce encore envisageable?
La Chine n’envisage pas de duopole. Elle souhaite étendre sa propre zone d’influence. Pour cela, elle organise sa souveraineté monétaire, en diversifiant ses investissements. La Chine délaisse d’ailleurs depuis quelques semaines les bons de Trésor américains. C’est la première fois depuis des années que le Japon reprend la place de premier créancier américain.

«Les Etats-Unis ont besoin de la Chine»
Quel est le périmètre de cette zone d’influence?
Illimité. Il y a une forte poussée chinoise en Afrique et en Amérique latine. La Chine consent aussi des prêts aux pays qui ont de grandes ressources énergétiques, comme la Russie et le Brésil. La Chine souhaite se tourner vers des pays en voie de développement plutôt que vers des Etats industrialisés. C’est sa stratégie.

Les tensions vont-elles nécessairement s’apaiser?
Les Etats-Unis ont besoin de la Chine, de son soutien politique sur les dossiers de la Corée du Nord et de l’Iran et de son soutien financier. Dès lors, les Etats-Unis restent prudents. Ils ont d’ailleurs peu réagi à la condamnation à onze ans de prison du chef de file de la dissidence chinoise, Liu Xiaobo. Seul un dérapage militaire pourrait enflammer les tensions.

Sur quel front?
Aux large des côtes chinoises. La Chine se plaint souvent de la politique de surveillance maritime des Etats-Unis. Début 2009, il y a eu un incident d’un navire de surveillance pris à partie par la marine chinoise. Cela pourrait se renouveler.

Entre la Chine et la France, les relations se sont-elles réchauffées?
Il y a eu normalisation sans chaleur. Nos systèmes industriels et économiques sont de plus en plus en concurrence. La Chine construit des autoroutes, des trains, des TGV et des centrales nucléaires… Cela va forcément créer des tensions.
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